Sortie Blu-Ray & DVD : le 5 Mai 2026VU - 2 Zooms -
Film philippin
Réalisé par Lino Brocka (1988)
Avec Daniel Fernando, Jaclyn Jose, Allan Paule…
Drame, Romance – 2h14 -
Pas de rencontre pour ce film, on ne fréquente pas ces lieux !
A propos : Réalisé en 1988, peu après la chute de la dictature de Ferdinand Marcos, "Macho Dancer" s’affirme comme l’un des longs-métrages les plus audacieux et controversés de Lino Brocka. Le cinéaste y déploie en effet un double regard : filmant avec une sensualité assumée de longues séquences de strip-tease masculin, tout en déconstruisant méthodiquement l’érotisme de ces images et la mécanique – notamment coloniale – qui les produit. Au-delà de cette puissance formelle, le film double thématiquement son mélodrame social d’un authentique acte de résistance politique : le réalisateur de "Insiang et de "Bon"a expose ici sans fard l’étendue de la corruption des institutions de son pays, la pauvreté structurelle du peuple philippin et son exploitation sexuelle, alimentée par le tourisme occidental et l’occupation américaine. Lino Brocka, lui-même ouvertement homosexuel dans une société conservatrice, signe avec "Macho Dancer" un témoignage brut, loin de tout misérabilisme, qui évoque par moments les premiers films de Martin Scorsese (en particulier "Mean Streets") et demeure un jalon du cinéma queer asiatique...
Synopsis : Interdit aux moins de 16 ans
Après le départ de son amant américain, le jeune Pol décide de suivre son ami Greg à Manille afin de subvenir aux besoins de sa famille. Il fait la connaissance de Noël, un call-boy qui le prend sous son aile et lui trouve une place dans un club gay. Pol va alors découvrir le monde interlope du strip-tease masculin, entre prostitution, drogue et corruption policière…
Notre avis : Une dénonciation de la traite des humains, broyés par la grande ville et par la police corrompue, aux ordres du pouvoir totalitaire. On pense à Fassbinder tant sur le propos que dans la représentation des corps - à mon avis, un peu trop démonstrative et transgressive, que la façon de filmer les numéros de ces danseurs gays. cela peut être dérangeant, et une grande sensualité émane des scènes d'amour entre Pol et Bambi, une passion que l'on devine vouée à l'échec (entre un danseur gay et une prostituée), tant sont grandes la soif d'indépendance de la jeune femme et sa détermination à rejeter toute liaison sérieuse. Pol découvrira l'amour avec cette femme, la prostitution masculine étant pour lui au départ une nécessité pour subvenir au besoin de sa famille. On regrettera quelques répétitions et longueurs de certaines séquences du cabaret, surtout au début, qui peuvent perdre en route les hétéros (J'ai failli arrêter-là !), mais lorsque la seconde partie se met en place avec Bambi, et que l'on découvre les enjeux afin de sortir la soeur de Noël de cet enfer de prostitution avec l'aide de Pol, l'histoire devient captivante et l'on oublie le propos de l'homosexualité des personnages. Le côté social prend tout son sens... Des propos qui ne laisseront pas indifférents : pour cela allons au bout de cette histoire très représentative d'un pays pauvre et corrompu ! Gérard Chargé - 2 Zooms -| < Préc | Suivant > |
|---|


