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LA FEMME QUI CRIE

Sortie Blu-Ray & DVD : le 2 Juin 2026

VU - 4 Zooms -

Film taïwanais

Réalisé par Tseng Chuang-hsiang (1984)
Avec Patricia Ha, Ying Bai…

Drame – 1h42 -
BA/vostf :
Pas de rencontre pour ce film, ils sont difficilement abordables !

 

 

A propos : "The Woman of Wrath" retrace la vie éprouvante d’une femme livrée à la cruauté de son mari, au sein d’un village où règnent médisance et ragots. Abandonnée par sa famille, l’héroïne ne bénéficie d’aucun soutien et doit affronter seule une condition insupportable. Tseng Chuang-hsiang rend palpable sa détresse face à des abus répétés, tout comme il pointe l’aveuglement d’une société patriarcale étouffante, dans une mise en scène juste et sobre qui ne cède pas au sensationnalisme.

 
Sortie en salle : en 1985 
Titre original : Sha fu
Scénario : écrit par Wu Nien-Jen d’après le roman "La Femme du Boucher" de Li Ang

Distributeur : Carlotta
Avec Patricia Ha, Ying Bai, Chen Shu-Fang, Chen Chien-Liang...
Musique originale : Luo Yonghui (Compositeur)

 

Synopsis : Tout public avec avertissement

Alors qu’elle n’est qu’une enfant, Ah-shih assiste au suicide de sa mère, accusée de vendre son corps pour un peu de nourriture. Devenue orpheline, la petite fille est recueillie par son oncle et sa tante. Mais à vingt ans, Ah-shih est contrainte de quitter les siens pour épouser le boucher Chiang Shui, un homme violent et fruste qui abuse de sa jeune femme. La relative aisance financière du couple fait jaser les habitants du village et Ah-shih devient l’objet de ragots abjects…

 
 
Notre avis : Le roman de Li Ang, "La Femme du boucher" s’inspire d’un fait divers réel, qui provoqua une onde de choc dans la société taïwanaise. Un portrait sans concession de la violence conjugale et de l’asservissement des femmes dans la Taïwan rurale patriarcale. Une œuvre radicale, sobre et implacable, qui fait froid dans le dos ! La domination patriarcale est en démonstration permanente dans cette œuvre qui n’épargne pas la jeune Ah-shih, contrainte de vivre avec un boucher qui la considère comme un bout de viande. Pas de considération pour les services domestiques, si ce n’est une petite pièce de temps en temps. Le parallèle est inscrit dans le décor même de la boucherie où le mari abat les porcs avec une routine indifférente. C’est le miroir exact de ce qu’il fait subir à sa femme dans l’espace conjugal en l’affamant et en la maltraitant. Tseng ne cherche pas à romantiser la violence, ni à la sublimer. Pas de syndrome de Stockholm tordu, pas de psychologie complaisante : juste une femme qui souffre en le faisant savoir à sa manière. C’est audacieux de montrer cela avec autant de radicalité, mais surtout avec un hors-champ d’une efficacité redoutable. Chaque fois qu’Ah-shih est abusée, elle pousse des cris qui deviennent immédiatement matière à ragots sordides dans le village. Son cri est pour le mari un indice de virilité, pour elle une expression de douleur pure, et pour les voisins, une tout autre histoire encore. Ce malentendu fondamental isole de plus en plus Ah-shih dans une noirceur qu’elle ne pourra pas contenir éternellement. Le film montre alors avec rigueur que la violence domestique ne se limite pas à un drame à deux, c’est tout un système qui torture la jeune femme. La réalisation et le jeu des acteurs nous tiennent en alerte tout le long : que va t-il se passer à nouveau et comment cela finira t-il ? Patricia Ha, nous émeut jusqu'aux larmes et Ying Bai est repoussant à souhait. La photographie est magnifique et le décor bien exploité et filmé. Un drame poignant, féministe, qui doit avoir le soutien de toute la jante masculine... Gérard Chargé - 4 Zooms -
 
 
 
 
 
 
 
 

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