Delcourt
Cette histoire n'est pas comme les autres, pas une de plus qui s'inscrit dans la cohorte commune à la saveur du déjà vu, déjà entendu.
Delcourt
Cette histoire n'est pas comme les autres, pas une de plus qui s'inscrit dans la cohorte commune à la saveur du déjà vu, déjà entendu.
Cette histoire a la force des sagas écrites par les grands noms de l'heroic fantasy, de la littérature du merveilleux. Oui, cette histoire est merveilleuse et terrifiante, douce comme le miel, et amère comme l'amertume qui ronge un cœur fier et joyeux.
Elle conte le destin d'un jeune homme qui croyait avoir commis une faute et qui ne faisait qu'accomplir son destin. Lui qui pensait que rien n'était déterminé, écrit dans le sable du désert, ou plutôt l'écorce des arbres.
Ici, chacun tient ça place, joue sa partition, ignorant qu'il accomplit la symphonie d'un monde plus vaste. Il finira par accomplir sa tâche, être un héros.
Elle sait depuis longtemps qu'elle n'appartient pas au cercle des sorciers, sa nature est autre.
Elle n'a pas oublié ses lumineuses origines, elle connait son destin, accompagner cet élu pour affronter l'immonde créature. Mais pour elle non plus, rien n'est semblable à ses croyances, à ses visions. Le monde se joue parfois de nous et les aurores aux couleurs de feu ne sont peut- être qu'un commencement ou une fin.
Reste le dernier protagoniste, lui non plus n'est pas ce qu'il croit être. Lui aussi se souvient d'un temps fécond où la puissance d'un dieu l'habitait.
J'oubliais le démon, il voulait juste habiter, habiller le monde des vivants, lui qui était mort.
Ironie, le voila devenu passager du néant.
Voilà donc cette histoire, celle des sagas antiques, nourrie aux racines de l'orient et de l'occident. Subtil mélange de Yin et de yang, de Nibelungen, de Kami et d'esprits de nos morts. Elle plonge son inspiration dans le premier arbre des fils d'Odin, mais aussi dans la première aube, le miroir de Yamatsu, la déesse antique.
Quant au dessin inspiré de la force au trait vif et coupant de Mignola, il louche du côté d'Hellboy, et des tentacules des anciens. Il explose le cadre pour des images fortes qui imprègnent notre esprit, paysages de terres inhospitalières (37, 100,118) scènes de bataille (32, 34, 94) élégance du mouvement (17. 110), tout concorde pour une œuvre qui s'affranchit de ses codes et de ses sources d'inspiration pour trouver la naissance de sa propre rivière.
Patrick Van Langhenhoven 4 zooms